Revaloriser le patrimoine pour s’affirmer avignonnais

Depuis le passage des papes fugitifs à Avignon au XIVème siècle, la ville d’Avignon possède une identité propre qui a traversé les siècles.

Or, depuis la fin du XXème siècle, pour des raisons intérieures (déclin de l’identité provençale) et pour des raisons extérieures (mondialisation économique), la ville a perdu son caractère de centre de civilisation.

On ne conçoit cette ville que dans l’optique d’un stationnement occasionnel que ce soit pour les acteurs économiques ou pour les avignonnais de longue date, dans la plupart des cas.

Avignon ne serait-elle devenue qu’une simple ville cosmopolite, avec un centre-ville en déclin, des commerces qui ferment et des habitants qui partent ?

En fait, il y a un véritable paradoxe : la mondialisation à l’œuvre partout affaiblit d’un côté le caractère propre de cette ville, mais en même temps, le revalorise sous une autre forme : c’est le retour du localisme.

Interrogeons les habitants : au lieu de se sentir avignonnais, on se sent d’abord du « quartier où l’on habite, où l’on est né ». Je suis de Saint-Chamand, je suis de Monclar (avant d’être avignonnais ?) J’habite rue Monplaisir et y suis né, je m’identifie plus à la cité ouvrière Louis Gros qu’au Pont Saint-Bénezet !

Comment redonner aux habitants leur fierté d’être avignonnais ?

En revalorisant et en rendant visible ce patrimoine exceptionnel que l’histoire leur a légué.

Il en est ainsi du patrimoine bâti le plus emblématique de la ville : le Palais des Papes. Plus grand palais gothique d’Europe, c’est selon l’avis des spécialistes avignonnais du patrimoine, un monument qui fait passer tous les autres au second plan.

Voilà donc la solution pour que chaque avignonnais sois fier de son identité : rendre encore plus visible le palais des Papes pour augmenter la symbolique d’attachement à un monument qui tranche sur l’aspect général de la cité, dans le but de créer un lien affectif.

Si je m’attache au plus beau des monuments, je m’attache à cette ville, je suis fier de mes origines et de mes racines et donc je veux rester habiter dans cette ville.

En conclusion, nous devons valoriser les constructions les plus emblématiques, celles qui donnent le sentiment à la population, qu’elles appartiennent à la communauté tout entière.

C’est ce qui redonnera le rayonnement qui manque à cette ville : la fierté de ce que ses habitants ont de leur identité car c’était celle de leurs aïeux.

On peut l’affirmer : plutôt que les centres d’affaires et les constructions actuelles médiocres, et sans âme, nous préférons les monuments susceptibles d’attacher les avignonnais à leur ville.